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​The

Jerusalem

Biennale

The Embrace

Curator: Vanessa De Loya Stauber

Opening Dates: 15.11- 14.1

What if we built an ark through art to preserve ourselves, as if under a tent... A way of refusing the engulfment inherent to petrification. Nothing less than slipping into the 'Tzimtzum', a space offered to creation. Adding light where the darkness seeks to extinguish us.

This exhibition on the theme of the embrace is inspired by the radiant, splashing reunions of the former hostages with their families. What would we be without the breath of consolation? Leaning against the enigma of desire, we try to hold on. To no longer sink into the freeze-frame during this feverish period punctuated by incessant stupors. To resist the numbness born of the shattering events experienced by Israel. Not to linger on yesterday, but on our tomorrows which open like a luminous window, beyond the searing.

The artist's calling consists in discerning a space of fulfillment. With their own music, their subjectivity, they attempt to be a 'Tzohar', a ray of light, a clearing for themselves and their entourage, frozen by anguish. Like Noah who discovered a new world upon emerging from the ark.

The hostages of Gaza felt the desert, this emotional void, a shipwreck equivalent to the unlovingness contiguous to death. A painful chasm they crossed in the cruel absence of partner and family. Having experienced incompleteness metamorphoses you. To dream of the embrace, the very one that heralds a romantic prospect of fusion. The question of the 'two' is vivid, lodged within the structure of the unconscious.

Spinoza, with his central affective concept of 'Laetitia' in the Ethics, designates a joy understood as a passage to a greater perfection, an increase in the individual's power to act: love awakens slumbering creatures, he tells us. Hence the truth of the amorous relationship. To love is to feel oneself being. A psalmic joy, no room for saudade!

The painting reveals, beyond what is visible, the objet petit a, this remainder, Lacan tells us. For the possessed artist, traversed by turbulence, painting soothes, thwarts their anxieties, helps reinvent a horizon, an extension arising from these affects. Art makes us encounter one another by liberating metaphysical questioning. A mental reconstruction stands to be built. Finding new footholds. To ward off mimetic immobility with its grueling and bewildering emotional rollercoaster.

Georges Perec used to say that to live is to pass from one space to another, trying as much as possible not to bump into things. Not to believe in the insoluble, Bergson warned us; the vital élan (élan vital) is stronger than death, an infinite eschatological hope. To welcome well-being. It is in the flash of the instant that joy declares itself; elation is a madness so close to the dilation of the heart; a generous optimism that aligns with the vital élan, the symptom of a surplus!

To feel, Jankélévitch tells us, resembles love: something new, unheard of, unprecedented, and vernal. Painting and poetry are the art of seizing or capturing the opportune fragrance of this present, in the clarity of dawn.

Vanessa De Loya Stauber, psychoanalyst and curator.



L'étreinte

Et si nous construisions une arche à travers l'art pour nous préserver, comme sous une tente... Une façon de refuser l’engloutissement propre à la pétrification. Rien moins que de se glisser dans le « Tsimtsoum », espace offert à la création. Ajouter de la lumière là où l'obscur veut nous éteindre.

Cette exposition sur le thème de l'étreinte est inspirée par les retrouvailles éclaboussantes des ex-otages avec leurs familles. Que serions-nous sans le souffle de la consolation ? Adossés à l’énigme du désir, nous tentons de tenir. Ne plus sombrer dans l'arrêt sur image en cette période fébrile jalonnée de stupeurs incessantes. Résister à la torpeur issue des fracas vécus par Israël. Ne pas stationner sur hier, mais sur nos lendemains qui s’ouvrent comme une fenêtre lumineuse, au-delà de la brûlure.

La vocation de l’artiste consiste à déceler un espace d’accomplissement. Avec sa propre musique, sa subjectivité, il tente d'être un « Tsohar », un jour, une clairière pour lui-même et son entourage transi par l’angoisse. Tel Noé qui découvrit, à sa sortie de l’arche, un nouveau monde.

Les otages de Gaza ont ressenti le désert, ce trou affectif, naufrage équivalent au désamour contigu à la mort. Fossé douloureux qu'ils ont traversé dans le manque cruel de partenaire et de famille. Avoir expérimenté l’incomplétude vous métamorphose. Rêver à l’étreinte, celle-là même qui annonce une perspective romantique de fusion. La question du « deux » est vivace, logée dans la structure de l’inconscient.

Spinoza, avec son concept affectif central de « Laetitia » dans l’Éthique, désigne une joie entendue comme passage à une plus grande perfection, une augmentation de la puissance d’agir de l’individu : l'amour réveille les créatures assoupies, nous dit-il. D'où la vérité du rapport amoureux. Aimer c’est se sentir être. Joie psalmique, pas de place pour la saudade !

Le tableau donne à voir, au-delà de ce qui est visible, l’objet petit a, ce reste, nous dit Lacan. Pour l’artiste possédé, traversé par des remous, la peinture apaise, déjoue ses anxiétés, participe à réinventer un horizon, une extension à partir de ces affects. L'art nous fait nous rencontrer en libérant le questionnement métaphysique. Une reconstruction mentale gagne à être édifiée. Retrouver de nouveaux points d'appui. Conjurer l'immobilité mimétique avec son toboggan émotionnel éprouvant et déroutant.

Georges Perec disait que vivre, c'est passer d'un espace à un autre en essayant le plus possible de ne pas se cogner. Ne pas croire à l’insoluble, nous prévenait Bergson ; l'élan vital est plus fort que la mort, infinie espérance eschatologique. Faire accueil au bien-être. C'est dans l'éclair de l'instant que la joie se déclare, l'allégresse est folie si proche de la dilatation du cœur ; optimisme généreux qui concorde avec l'élan vital, symptôme d'un plus !

Éprouver, nous dit Jankélévitch, ressemble à l'amour : chose nouvelle, inouïe, inédite et printanière. La peinture et la poésie sont l'art de saisir ou de capter la fragrance opportune de ce présent, dans la clarté de l’aube.

Vanessa De Loya Stauber, psychanalyste & commissaire d’exposition.

Artists

Ya’acov Boussidan
Rachel Yedid
Mark Kanovich
Stephane Zagdanski
Colette Leinman
Marleen Rubenstein
Joseph Zrihen
Evelyne Katz
Dan Reisner
Esther Zibell
Rachel Ovadia
Avigail Fried
Dan Arbell Varssano
Rakel Abitbol
Claudine Owieczko
Elisabeth Raphaël

Historic Shaare Zedek Building

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Open from November 15th 

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